Il y’a 23 ans jour pour jour, le célèbre journaliste, d’ailleurs qualifié en tant que « meilleur des journalistes algériens », Said Mekbel quitte la vie après avoir succombé à ses blessures à l’hôpital de Aïn Nnaâja. Il a été touché par deux balles dans la tête dans un restaurant près du journal Le Matin, dans lequel il était directeur de la publication.

Après avoir échappé à une première tentative d’assassinat le mois de Janvier 1994, Said Mekbel n’a pas pu survivre à la deuxième. Les ennemies de la liberté d’expression et du journalisme l’ont pas lâché. Il ont tout fait pour l’atteindre. Le terrorisme a frappé encore un certain 3 décembre 1994 à Alger.

Said Mekbel, quant à lui, rejoint le champ des géants et des héros qui ont tout le temps défendu la liberté et qui ont porté haut ce que le peuple pense tout bas.

Ce personnage héroïque était un génie dans le domaine pétrolier, il a été nommé ingénieur expert à la direction du transport du gaz, avant de nous quitter à jamais.

Amoureux du journalisme et spécialisé dans les chroniques satiriques, Said Mekbel apparaissait dans certains journaux tel que « El Manchar ». Le fils de Vgayet contribue à la création du journal Le Matin en septembre 1991. Said est très connu sous le nom Mesmar j’ha, avec lequel il signaitla majorité de ses textes.

Said Mekbel est l’auteur de la célèbre citation, que d’ailleurs avons prit devise pour notre rédaction pour lui rendre hommage:

C’est l’encre qui doit couler, pas le sang !

Son dernier billet « Ce voleur qui », publié le jour de son assassinat, que nous republions pour lui rendre hommage, fera le tour de la presse mondiale:

«  Ce voleur qui, dans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c’est lui. Ce père qui recommande à ses enfants de ne pas dire dehors le méchant métier qu’il fait, c’est lui. Ce mauvais citoyen qui traîne au palais de justice, attendant de passer devant les juges, c’est lui. Cet individu, pris dans une rafle de quartier et qu’un coup de crosse propulse au fond du camion, c’est lui. C’est lui qui, le matin, quitte sa maison sans être sûr d’arriver à son travail. Et lui qui quitte, le soir, son travail sans être certain d’arriver à sa maison. Ce vagabond qui ne sait plus chez qui passer la nuit, c’est lui. C’est lui qu’on menace dans les secrets d’un cabinet officiel, le témoin qui doit ravaler ce qu’il sait, ce citoyen nu et désemparé…Cet homme qui fait le vœu de ne pas mourir égorgé, c’est lui. Ce cadavre sur lequel on recoud une tête décapitée, c’est lui. C’est lui qui ne sait rien faire de ses mains, rien d’autres que ses petits écrits, lui qui espère contre tout, parce que, n’est-ce pas, les roses poussent bien sur les tas de fumier. Lui qui est tous ceux-là et qui est seulement, journaliste. »