En effet, le 20è anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès sera « national et officiel ». C’est ce qu’a affirmé la dépêche de Kabylie qui cite nommément la présidente de la fondation Matoub : « La visite du wali rentre dans le cadre de la préparation du 20ème anniversaire de l’assassinat de Matoub, coïncidant avec le 25 juin.». Elle annonce un événement «grandiose» qui « impliquera, d’une manière ou d’une autre, les autorités locales », c’est-à-dire les autorités algériennes en charge de l’assimilation forcée à l’arabo-islamique du peuple kabyle, autrement dit les assassins du Rebelle.

Passons sur la « mise à disposition des infrastructures », le comble du comble est que Mme Malika. M compte sur l’Etat algérien pour « garantir la sécurité aux milliers de personnes ». Gageons que ladite sécurité sera essentiellement axée sur le contrôle des drapeaux kabyles et amazighs qui seront soigneusement « mis hors d’état de nuire ». La dame ajoute que c’est «dans cette optique » (NDLR: de préparation du 20è anniversaire de l’assassinat tragique du Rebelle) que le wali de Tizi-Ouzou a été reçu sur la tombe du Rebelle, ajoutant que c’était « à sa demande »; un argument avancé par la présidente de la Fondation, un argument sensé justifier « L’occasion qui s’est présentée pour l’inviter » …un détail sensé excuser l’invitation en question mais révélant néanmoins le malaise que procure cette innommable forfaiture.

L’article publié hier par la Dépêche de Kabylie est en outre revenu sur la « visite guidée » du wali de Tizi-Ouzou à Tawrirt Moussa, village natal de l’éternel Rebelle, dans la commune d’At Douala. Rappelons, à toutes fins utiles, que c’est à partir de cette région, très emblématique pour la Kabylie, qu’a été allumée la mèche du printemps noir de Kabylie avec l’assassinat du lycéen Massinissa Guermah par des gendarmes algériens, dans l’enceinte même de la brigade de gendarmerie.

La dépêche de Kabylie rapporte que la délégation du pouvoir algérien, composé du nouveau Wali et de la nouvelle directrice de la culture de Tizi-ouzou, qui succède à Ould Ali Lhadi (que l’on ne présente plus), a été accueillie par la sœur du Rebelle, la présidente de la fondation qui porte le nom de Matoub Lounès et dont il n’est visiblement pas inutile de « rappeler » qu’il a été assassiné par le pouvoir algérien et son idéologie macabre : l’arabo-islamisme. Le peuple kabyle tout entier ne s’y est pas trompé : « Pouvoir assassin » n’est pas un simple slogan de colère, c’est une sentence populaire qui n’a nullement besoin de preuves… « Balistiques ».

L’article ajoute que ladite délégation a également été accueillie par « des jeunes » du village ; les jeunes d’At Dwala apprécieront certainement « l’immense honneur » qui leur est fait en les associant aux hôtes de « sidi lwali ». Selon la Depêche, « l’heure était à l’émotion, notamment lors de la visite de l’exposition »… et pour cause ! Si Matoub avait été vivant, on ose à peine imaginer les albums qu’il aurait sorti suite à la « Rahma », la concorde nationale, l’amnistie des terroristes du FIS, le printemps noir de Kabylie et toutes les trahisons des luttes dans lesquelles il s’était investi corps et âme. On comprend donc que le wali soit « ému » car avec la disparition tragique du rebelle, il a dû réaliser l’ampleur de ce à quoi son Etat a échappé.

Notons que la dépêche de Kabylie s’est soigneusement « abstenue » d’évoquer la lecture d’un verset coranique sur la tête de Matoub Lounès, et pour cause, car personne n’ignore que ce geste est une injure à la mémoire du Rebelle surtout quand « on sait »…En effet, et comme il le disait lui-même «celui qui ne sait pas est un ignorant. Mais celui qui sait et qui se tait est un criminel ».

Mais le pire est à venir puisque l’enfant chérie de la Kabylie aura droit à l’humiliation suprême de voir son assassinat « célébré » par les « autorités algériennes » dans un hommage « national et officiel ».

« Heureux les martyrs qui n’ont rien vu ». Muhend Arav Bessaoud

Tamaynut

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here